Baignade urbaine à Paris pour réapproprier la ville et faire corps avec la métropole

Baignade à la Villette

in Ambiances/Dérives

Dimanche 28 août après-midi de baignade urbaine à Paris. Plusieurs milliers de personnes sont installées le long des berges du bassin de la Villette comme elles le seraient à la plage. Certaines prennent le soleil en déambulant le long du canal. D’autres sont assises ou allongées face à l’eau. On est venu à deux, en famille ou en bande. On palabre, plaisante et observe. Parfois, on nage.

D’autres villes ont déjà réhabilité la baignade urbaine comme Copenhague ou Bâle. Pas encore Paris. On hésite à s’immerger, partagé entre l’envie de se rafraichir après quatre jours de chaleur qui ont mis la capitale à blanc et la crainte de ne pas sortir indemne d’une eau dont la qualité paraît incertaine. Puis on se jette à l’eau.

Se baigner et nager dans la ville, c’est faire corps avec elle et se la réapproprier intensément

L’impression est profonde, à la fois exaltante et apaisante. Une douce euphorie que semblent partager les nageurs et leur public. Ce n’est pas anodin de se réapproprier ainsi l’eau d’une ville. Le paysage s’en trouve modifié, le milieu même. Plus qu’une récréation et un simple plaisir corporel, l’expérience relève d’une sorte de communion qui enrichit l’urbanité.

Parisiens, touristes, jeunes adultes, familles, retraités forment une population bigarrée et populaire. Les plus jeunes jouent dans le bassin de la fontaine, à côté de la rotonde. Les terrasses des cafés autour du bassin sont bondées. Malgré le monde, l’ambiance est bon enfant.

Un peu à l’écart, proches du métro Stalingrad et du carrefour, des migrants : hommes seuls et familles sont installés dans des campements de fortunes, allongés sur des matelas à l’air libre, sur les terre-pleins et bandes herbeuses ou à même l’asphalte. Eux aussi semblent goûter le plaisir de ce dimanche hors norme.

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