Des idées nouvelles pour l'économie contributive des micro territoires selon Stiegler

Pour l’économie contributive des micro territoires ?

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L’absence de réponse crédible aux enjeux sociétaux actuels relève-t-elle de la seule responsabilité des politiques ? Le monde académique ne serait-il pas complice de cette incurie ? C’est une hypothèse engageante défendue par Bernard Stiegler dans un entretien donné à Socialter en même temps qu’il soutient le projet d’une économie contributive plus juste.

Explosion des technologies numériques, transformation du travail, crises sociale et environnementale, le monde connaît une mutation majeure que nous n’anticipons pas. Un aveuglement et une catastrophe annoncée qui engagent les détenteurs du pouvoir. Pouvoir politique évidemment, mais symbolique aussi. Scientifiques, chercheurs, artistes, juristes ne proposeraient pas les idées adéquates pour appréhender la situation et ses défis. On adhère sans peine au constat en matière territoriale, avec des concepts dont le renouvellement reste marginal et ne gagne pas la sphère publique.

« À présent dans l’Anthropocène, la vie de l’esprit doit ressusciter». Conception, débat, délibération, formation sont à stimuler. Il s’agit selon Stiegler de bâtir une économie contributive, qui rendra chacun acteur de la refonte des valeurs communes et d’un projet de société partagé, fondé sur une approche différente du travail et de la création de valeur : c’est à l’échelle des microterritoires que l’action est possible, en fomentant une nouvelle alliance entre sociétés civile et savante, en réinventant collectivement « des concepts outils compréhensibles et mobilisables par les habitants ». Une approche théorique d’autant plus forte qu’elle a sa traduction pratique.

L’anthropocène oblige à ressusciter la vie de l’esprit pour donner aux collectifs territoriaux la capacité d’inventer une nouvelle économie contributive

De ce point de vue, l’expérimentation lancée à Plaine commune, en Seine-Saint-Denis, visant à produire un « territoire apprenant » est à surveiller. Des chercheurs en immersion construisent avec les habitants les conditions cognitives et opérationnelles de cette économie contributive. Que l’approche ne se cantonne pas au local renforce son intérêt : « Le monde académique doit développer de la recherche contributive qui s’articule à des territoires, mais pas seulement des micro territoires : la Terre entière est aussi notre territoire ! La recherche doit travailler au niveau microlitique, mais en se projetant aux niveaux macropolitiques et macroéconomiques ».

Pour en savoir plus sur le projet dirigé par Bernard Stiegler : Ars industrialis